Crise économique et impact local

Crise économique et impact local spécial Aire Urbaine de Belfort Montbéliard et Héricourt

 

L'Observatoire de l'Emploi l'Aire Urbaine

Crise économique et impact local

Contexte

Enquête

Perspectives

Industrie la filière auto touchée la première

BTP un retournement accentue

Commerces moindre destabilisation

Hôtellerie restauration morose

Services aux entreprises  contrecoups

Vers une Aire urbaine plus diversifiée


(Extrait lettre Maison de l'Emploi N°14 nseptembre 2009)

 

 

 

 

 

L’Observatoire de l’Emploi de l’Aire urbaine (OEAU)

Opérationnel depuis 2007, l’Observatoire de l’emploi de l’Aire urbaine* est un service partagé entre la Maison de l’Emploi du Pays de Montbéliard et la Maison de l’Emploi et de la Formation du Territoire de Belfort.

Observer pour aider à mieux anticiper les changements en cours est l’objectif majeur attribué à cet observatoire au service des décideurs politiques et institutionnels et de tous les partenaires de
l’emploi et du développement économique.
L’Observatoire construit un diagnostic dynamique de l’évolution du marché du travail sous forme de fiches thématiques parallèlement à des études et enquêtes de terrain ciblées, révélatrices des profonds bouleversements économiques actuels.

* Aire urbaine au sens des zones d’emploi de Belfort et Montbéliard sur trois
départements (25, 70, 90)Numéro spécial Aire urbaine

Haut de page


Crise économique et impact local (Extrait lettre Maison de l'Emploi N°14 nseptembre 2009)

Ce numéro spécial est consacré aux principaux résultats d’une enquête conduite par l’Observatoire de l’emploi de l’Aire urbaine auprès des entreprises en juillet 2009. Il donne des indications sur le vécu de la crise économique par les entreprises au cours du premiersemestre 2009 et sur leur vision quant à l’évolution de leur situation pour le deuxième semestre de cette année.

Haut de page


Contexte
Financière et américaine à l’origine, la crise économique a pris à la fin de l’année 2008 une dimension mondiale et s’est étendue à tous les secteurs d’activité, notamment dans l’industrie. L’Aire urbaine Belfort Montbéliard  et Héricourt, très liée aux groupes mondiaux que sont PSA Peugeot Citroën, Alstom et General Electric, a vu ses intérimaires et salariés en CDD perdre massivement leur emploi fin 2008 et début 2009.
L’industrie locale a également réagi à la brutale contraction de la demande en recourant au chômage partiel de façon inédite. La réaction rapide des dirigeants politiques de l’ensemble
des pays a permis d’amortir l’impact du choc. Le soutien à l’investissement apparaît maintenant essentiel, de façon à rendre soutenable le recours indispensable au crédit.
Jugulée, la récession n’est pas pour autant finie. Même si la situation est en voie d’amélioration, l’emploi va ressentir durement au cours des prochains mois le contrecoup de l’exceptionnelle chute d’activité de la fin d’année 2008. Le marché du travail pourrait ainsi se trouver début 2010
dans une situation paradoxale : des réductions d’effectifs que la crise aura accélérées ou rendues nécessaires dans diverses entreprises devraient coexister avec des difficultés à recruter sur certains profils ainsi qu’avec la reprise de l’intérim.
Dans le cadre d’une enquête conduite par l’Observatoire de l’emploi de l’Aire urbaine, plus de 500 dirigeants d’entreprise, représentatifs de la diversité du tissu économique local, ont accepté de livrer leur ressenti sur l’évolution de leur activité au cours du premier semestre écoulé et sur ce qu’ils anticipent pour la fin d’année.

Aire urbaine : un choc difficile à gérer

Haut de page

Enquête

L’Aire urbaine n’a pas échappé, comme toutes les régions françaises, à une exceptionnelle chute d’activité au premier semestre 2009. Une majorité d’entrepreneurs (56 %) a été touchée dont 30 % de façon importante. 27 % ont maintenu leur chiffre d’affaires et seuls 17 % l’ont accru. Dans ce contexte difficile, plus des trois-quarts des dirigeants d’entreprise ont suspendu ou annulé leurs investissements les plus significatifs.

Ce marasme s’est traduit par une réduction significative de la main-d’oeuvre (notamment des intérimaires et des CDD) dans 29 % des établissements,. Mais cette restructuration
n’a pas atteint au premier semestre l’ampleur anticipée par certains : le personnel permanent a encore été peu affecté comparativement aux salariés précaires.

Alors qu’il était rare et strictement encadré en 2008, le dispositif du chômage partiel a été sollicité de façon massive début 2009, d’autant plus facilement qu’il a été assoupli par les autorités. Il a
été employé par 12 % des répondants, en grande majorité dans l’industrie.Le recours à la formation continue en lien avec la baisse d’activité a concerné 10 % des répondants. Près de 5 % ont cumulé chômage partiel et recours à la formation continue.

Haut de page

Perspectives
Pour le second semestre, les entrepreneurs locaux partagent le sentiment actuellement dominant en France d’une relative stabilisation de l’activité. 53 % anticipent une stagnation. Les
pessimistes demeurent cependant plus nombreux que les optimistes : 28 % ont l’intuition de devoir affronter une baisse de leur activité contre seulement 15 % s’attendant à une hausse. Cette relative stabilisation se faisant à des niveaux bas de commandes, la fin d’année s’annonce donc délicate pour la plupart des établissements interrogés.

Un employeur sur cinq (19 %) consulté envisage en conséquence une réduction de l’effectif permanent de l’établissement dont il a la charge, contre 8 % qui sont au contraire dans une perspective de recrutement net. Faute de reprise des commandes fermes, les entrepreneurs voient
leurs marges de manoeuvre se réduire

De même, 77 % des chefs d’entreprise excluent un investissement important d’ici à la fin de l’année. Parmi les 19 % qui ont un projet, 9 % font face à l’incertitude financière, avec des comptes souvent dégradés.

D’ici à la fin de l’année, 15 % des établissements envisagent de développer leurs efforts de formation continue en lien avec la baisse d’activité. Ils sont en outre 19 % à étudier cette possibilité
indépendamment de la crise. La réflexion collective sur le développement des compétences est donc en nets progrès. Ce tableau général ne doit pas masquer de profondes différences entre établissements mais aussi entre secteurs d’activité. La crise ne les a pas affectés de la même façon et selon le même calendrier.

Haut de page

Industrie : la filière auto touchée la première
L’industrie a été la plus touchée par la baisse d’activité au premier semestre : 70 % des établissements consultés dans ce secteur ont connu une diminution de leur chiffre d’affaires. Pour 46 % d’entre eux, cette baisse d’activité a été supérieure à 20 %. Cela s’est répercuté
fortement sur leurs effectifs non permanents : 44 % emploient moins de salariés au total qu’en début d’année, contre 9 % dans la situation inverse. Le recours au chômage partiel a concerné 27 % des établissements, ce qui a soulagé leur trésorerie et a limité l’impact sur les effectifs permanents. Les agences d’intérim ont subi immédiatement le contrecoup de cette crise, car elles sont nombreuses à travailler pour l’industrie

Haut de page


BTP : un retournement accentué
Moins nettement que l’industrie mais en contraste avec de récentes années fastes, la construction a été touchée par la baisse d’activité au premier semestre : 56 % des établissements consultés ont connu une diminution de leur chiffre d’affaires, soit le même pourcentage que pour l’ensemble des entrepreneurs. En revanche, ils sont plus pessimistes que la moyenne pour le second semestre, avec 42 % s’attendant à une baisse contre 28 % en moyenne. En conséquence, l’arrêt de
l’investissement est brutal, avec 92 % d’entreprises n’ayant pas réalisé de projet au premier semestre et 90 % qui excluent également d’en réaliser au second semestre.
Alors qu’il était dynamique entre 2002 et 2008 dans l’Aire urbaine, l’emploi dans le BTP suit une évolution négative, proche de la moyenne: 29 % des établissements constatent une baisse au premier semestre et 21 % en envisagent une au second semestre. La situation relative
de l’emploi dans le BTP semble se dégrader : alors que 17 % des entreprises de ce secteur avaient constaté une progression début 2009 (un peu mieux que la moyenne des entrepreneurs de 13 %), elles ne sont que 7 % à envisager un accroissement de leur main-d’oeuvre en fin d’année, contre 8 % en moyenne.. Qualitativement, cette évolution devrait correspondre à un déclin de certains types de métiers mais aussi à la poursuite du développement d’emplois qualifiés répondant à certains besoins croissants, notamment en ce qui concerne la rénovation des logements et la mise en
conformité à des normes environnementales de plus en plus exigeantes. Rangé par les statisticiens dans le BTP, le génie civil suit une logique particulière. Il y a peu d’établissements installés localement et beaucoup de chantiers sont confiés à des entreprises ayant leur adresse ailleurs
(mais qui peuvent recruter sur place). Il est à noter que les travaux de gros-oeuvre engagés en 2008 ont généré des travaux de second-oeuvre au 1er semestre 2009. Mais la fin d’activité sur les grands chantiers ne sera véritablement perceptible qu’au 2e semestre 2009.Seuls 4 % des établissements ont davantage mobilisé les dispositifs de formation continue comparativement aux autres années à cause de la crise ; la même proportion compte renouveler cet exercice au
second semestre. Il y a de nombreux établissements de taille réduite dans le secteur, qui sont moins outillés pour piloter leur programme de formation continue.

Haut de page

Commerces : moindre déstabilisation
Avec des débouchés jusqu’à présent plus stables, principalement liés à la consommation des ménages, les commerces ont un peu moins souffert de la récession au premier semestre que les autres entreprises. 49 % ont subi une baisse d’activité et 24 % ont été en mesure de la
développer. Dans l’ensemble, grâce à 19 % d’établissements qui ont accru leurs effectifs contre 22 % qui les ont réduits, l’emploi est resté assez stable au premier semestre, notamment en dehors de la grande distribution. Cette dernière est plus tentée de réduire ses coûts apparemment.
13 % des établissements ont mobilisé les dispositifs de formation continue davantage que les autres années à cause de la crise ; la même proportion compte renouveler cet exercice au second semestre.

Haut de page

l’hôtellerie-restauration morose
Les établissements classés dans la rubrique des services principalement rendus aux ménages sont variés mais du fait de leur nombre dans l’Aire urbaine, il n’est pas toujours possible d’établir des tendances significatives pour les divers secteurs d’activité regroupés. Globalement, ces services ont subi au premier semestre un recul assez moyen de leur activité : 50 % d’entre eux ont vu leur chiffre d’affaires baisser (dont 29 % de plus de 20 %), contre 56 % en moyenne.
C’est mieux que l’industrie et le BTP, mais c’est moins bien que les autres grands secteurs d’activité. Ils semblent plus confiants pour la suite de l’année, puisque seulement 18 % craignent une baisse du chiffre d’affaires, contre 28 % en moyenne, et que 62 % escomptent une stabilisation, contre 53 % en moyenne. Il y a de grandes différences de situation entre secteurs : les cafés / hôtels / restaurants sont nettement pessimistes à ce sujet.
En matière d’emploi, les établissements annoncent avoir mieux maintenu les effectifs que la moyenne (à l’exception des cafés / hôtels / restaurants) : 21 % les ont réduits contre 29 % en moyenne, 66 % les ont maintenus contre 57 % en moyenne. Relativement confiants par
rapport aux industriels, ils sont même, symboliquement, légèrement plus nombreux à envisager d’augmenter le nombre de postes d’ici à la fin de l’année (18 %), qu’à le contraindre (17 %). Cette tendance est à l’inverse de ce qui est observé sur l’ensemble des secteurs. La diminution du taux de TVA à 5,5 % dans la restauration peut être un des éléments contribuant à ce phénomène.
Seuls 4 % des établissements ont davantage mobilisé les dispositifs de formation à cause de la crise mais 19 % projettent de se livrer à cet exercice au second semestre. A contrario, ils ne sont que 54 % à ne pas annoncer de développement de leur formation continue (que
la formation soit liée ou non à la crise) contre 61 % en moyenne. L’aspiration à mieux former son personnel semble ainsi s’accroître dans ce secteur

Haut de page

Services aux entreprises : contrecoups

Avec une grande inégalité entre secteurs, ces services ont subi eux aussi au premier semestre un recul relativement modéré de leur activité :46 % d’entre eux ont vu leur chiffre d’affaires baisser, contre 56 % en moyenne. Mais ce pourcentage s’élève à 63 % dans les transports et logistique.
En matière d’emploi, ces établissements sont dans le secteur le plus indécis : 19 % ne savent pas quelle position adopter pour le 2e semestre. Dans la première partie de l’année, ils ont plutôt maintenu leur position, puisque 13 % avaient augmenté leurs effectifs contre 16% qui les avaient réduits. Tous secteurs confondus, l’écart était de 13 % à 29 %. Seuls 3 % des établissements ont davantage mobilisé les dispositifs de formation continue en lien avec la récession et 8 % pourraient le faire d’ici à fin 2009. Pour la fin de l’année 2009, les services aux entreprises prennent en compte les répercussions de la crise sur leurs commandes,passées en grande partie par l’industrie. Seuls 10 % s’attendent à une hausse et 14 % jugent qu’ils n’ont aucune visibilité. Les
établissements issus du transport et de la logistique verraient plutôt le paroxysme de la crise en début d’année 2009 : 60 % s’attendent à la stabilité du chiffre d’affaires, contre 53 % en moyenne

Haut de page

Vers une Aire urbaine plus diversifié

Après de très grandes inquiétudes en début d’année, il apparaît à la plupart des économistes et institutions officielles que l’appareil économique devrait progressivement repartir et renouer en 2010 avec la croissance au niveau mondial. Dans certains domaines comme le matériel de production d’électricité, les besoins sont tels que la demande devrait durablement croître. La filière énergie locale devrait donc être portée par une tendance forte permettant de surmonter le creux des commandes passées en 2009. Concernant l’automobile, le consensus se fait sur les surcapacités de production en Europe occidentale, ainsi que sur la nécessité de réorienter la filière vers des véhicules techniquement innovants et différents. Récemment, le cabinet Alix Partners a estimé qu’au mieux la filière retrouverait son niveau d’activité de 2007 dans cinq ans. Dans
ce contexte, les entreprises de l’Aire urbaine ont jusqu’à présent été relativement ménagées dans les arbitrages du groupe PSA. En particulier, le site de Sochaux a bénéficié d’un positionnement assez favorable. Mais la poursuite d’un déclin de l’emploi direct dans ce secteur paraît inéluctable.
L’Aire urbaine dispose d’un potentiel de développement important dans les secteurs des services, qu’il s’agisse des entreprises ou des ménages. Ces activités sont moins importantes que dans d’autres agglomérations. Concrétiser cette demande latente est un enjeu essentiel pour l’emploi : il faudra en effet compenser dans les années qui viennent la réduction prévisible des effectifs salariés directement employés dans les établissements industriels. À l’oeuvre depuis de nombreuses années, accélérées par la crise, ces compressions de coût et gains de productivité sont  indispensables à la pérennité de ces activités à haute valeur ajoutée, dans un contexte de compétition internationale soutenue. L’axe de développement dans les divers services devra s’appuyer sur les éléments d’attractivité de l’Aire urbaine, qu’il ne faut pas sous-estimer, comme le rattachement à de grands axes de communication européens notamment l’axe Rhin-Rhône. En matière d’emploi, cela demandera un important effort, concerté entre partenaires, pour rapprocher la maind’oeuvre locale disponible des exigences croissantes des employeurs en matière de compétences.

 

Haut de page


Page précédente : Zone Franche Urbaine
Page suivante : Club TGV